À PROPOS

J’ai immédiatement su qu’avec la laque je voulais rendre à
la littérature ce qu’elle m’avait donné…
Lire en Laque - Sarah Mélina Clair

A l’origine, je viens de la littérature. Je l’ai étudiée cinq années et enseignée plus de vingt ans en collèges et lycées. C’est au musée Guimet que j’ai rencontré pour la première fois la laque. J’y ai vu un meuble laqué avec un décor merveilleux, de poudre d’or et de reliefs. Il s’est alors produit en moi un bouleversement – comme un spasme de plaisir. J’étais fascinée par cette beauté. J’ai décidé de me former, et je ne l’ai pas regretté.

J’ai passé deux ans à Paris-atelier, puis ai fait plusieurs stages auprès d’un Maître d’Art. Mais si la base m’a été transmise, la laque s’acquiert par l’expérience : en faisant, défaisant, refaisant. C’est un long cheminement où l’erreur est inévitable et permet d’avancer. D’une certaine façon, c’est la matière qui décide. J’ai immédiatement su qu’avec la laque je voulais rendre à la littérature ce qu’elle m’avait donné :

la possibilité d’entrer dans tous les possibles, de consentir au monde, de se dire aussi, dire ses joies, ses peurs, sa douleur, ses désirs, ses plaisirs, ses déroutes…

Comme la littérature, la laque permet de suspendre le temps, tout en s’y reliant.
« Lire en laque » est né de ce dialogue avec des auteurs qui m’ont nourrie. Tout auteur a un désir de dialogue avec ses lecteurs. La rencontre se fait sur la page. Quand une œuvre, ou une phrase, résonne en moi, alors des images se lèvent. Elles s’imposent. Le faste de la laque avec ses ors, sa lumière et sa profondeur, est pour moi la plus belle manière de rendre hommage aux mots qui m’ont aidée à vivre, et m’illuminent toujours.